François TERRASSON 






Maître de conférences au Muséum national d 'Histoire naturelle, journaliste, photographe, conférencier, François Terrasson se situe au carrefour des sciences de la nature et des sciences humaines. Homme de terrain, il a travaillé en milieu agricole sur les questions de remembrement et d'aménagement, Il a participé à des travaux de planification de l'environnement au Brésil, Canada, Sénégal et à Madagascar. Il a effectué de nombreux voyages auprès des populations qui font encore partie de la nature (Inuits, Amérindiens). Il anime des conférences et des sessions sur les rapports de l'homme avec la nature.

" Il y a des cultures qui font l'apartheid de la nature, qui ne la supportent pas, qui ont besoin de s'en séparer, de la dominer. Il yen a d'autres qui, sans renoncer à modifier le milieu, ont choisi la collaboration, l'équilibre. Les premières sont fières de leurs terres nues et infinies. Les deuxièmes sont attachées sentimentalement à leurs chemins et à leurs bois. Ce sont les premières qui sont en train de gagner. " Il en est de nous comme des sociétés. Certains vont accepter leur intégration dans la nature, d'autres la refuseront en bloc. Ces comportements individuels et collectifs auront évidemment leurs conséquences sur la gestion des territoires... Mais l'analyse des réactions face à la nature nous entraîne à celle des réactions face à l'émotion. Et là, les pistes qu'évoque F.Terrasson sont "diablement" attirantes. Nature, mais aussi fous, enfants, femmes, pourraient se rejoindre dans le sac de ce qui provoque ou peut être taxé de pulsions émotives fortes, dans une société où les valeurs de rationalité et de "maîtrise de soi " constituent les valeurs positives. Comme s'interroge l'auteur " Et si à l'apartheid de la nature correspondait celui du rôle des femmes ? Ou au moins une tendance ? ". Inconscient, psychanalyse des contes, fantasmes et interrogations multiples. Les conséquences de ces interrogations sont nombreuses, l'une des plus "douloureuses " pour les naturalistes est la remise en cause des Parcs, Réserves et de la Pédagogie de l'Environnement tels qu'ils existent souvent. Elles ne sont pas non plus très optimistes, car " pour changer quelque chose en matière d'environnement, il faudra changer quelque chose dans les bases psychologiques qui sous-tendent la culture " et le temps nous est compté. Mais on peut être pessimiste et avoir de l 'humour !