Révolution d'octobre ou révolution des œillères ?

   

Octobre 2015 aura été un mois des plus intéressants du point de vue de l'histoire sociale, politique et juridique.
Comme la brioche de Marie-Antoinette en son temps, une simple chemise a été le symbole d'années de frustrations sociales et de mépris pour la cause des salariés (et subséquemment de ceux qui ne le sont plus). Il a suffi qu'un cadre d'Air-France se retrouve torse nu après une réunion de "dialogue social" qui devait se limiter selon toute vraisemblance à une annonce de plan social, pour que certains, bien intentionnés, se souviennent que la lutte des classes existe qu'elle peut être agressive et s'en étonnent.
Quoi ? Il y aurait encore à nos portes des gens qui revendiquent et qui n'entendent pas seulement nous servir ?
Mais oui, monsieur le conseiller à l'optimisation fiscale, contrairement à ce que vous croyez, il s'en trouve encore.

Dans le même temps, la présidente du Front National aura réussi le tour de force d'être plus présente dans le débat public en n'y étant pas qu'en l'acceptant. En refusant d'aller débattre sur le plateau de France 2 elle aura gagné sur tous les tableaux: obtenir une nouvelle preuve de victimisation médiatique tout en générant un "buzz" énorme. Du point de vue tactique, affligeant.
Quoi ? La politique politicienne ne serait pas réservée à ceux qui ont naturellement vocation à être vos représentants naturels? Mais qu'est-ce donc que ce peuple qui ne vote pas selon nos considérations ?
Celui que vous avez contribué à façonner, monsieur le conseiller en communication, vendeur de temps de cerveau disponible.

Enfin du point de vue strictement juridique, on nous mitonne une petite réforme des Conseils de prud'hommes aux petits oignons, histoire de décourager encore davantage les salariés d'avoir à faire appel à la justice afin de voir trancher les litiges avec les employeurs. À preuve: la restriction du droit d'appel qui est dans les tuyaux.
Comment ? Encore des règles qui entravent la capacité des entreprises à investir?
Eh oui, un peu comme au XIXe siècle, en effet, monsieur, le conseiller juridique.

Tout cela survenant, sur fond d'enfumage massif de nos poumons par certaines firmes automobiles qui trouvaient une nouvelle fois plus facile et plus rentable de tricher que de se plier à des normes édictées pour le respect de la santé publique, pour ne pas parler de la bonne santé de l'État islamique qui semble gagner sur tous les tableaux. Quoi ? Il y en a qui se permettent de critiquer une puissance émergente qui dispose d'au moins deux milliards de dollars de réserves?
Et comment ! Si l'argent n'a pas d'odeur, il est parfois teinté de sang, monsieur le directeur du fonds souverain. Car bien évidemment la solvabilité et la viabilité économique de cette entité ne sont pas évaluées que sous son angle géostratégique…
Vu sous cet angle, encore quelques spoliations et ces braves gens deviendront des investisseurs fréquentables comme certains autres de leurs cousins en totalitarisme.



Dès lors, avant que novembre advienne, nous pouvons aujourd'hui estimer être face à l'alternative suivante: - Ou bien nous espérons en une révolution des œillets, fondée sur une aspiration démocratique comme cela fut le cas au Portugal en 1974, au cours de laquelle dit la légende, une colonne de chars conduite par les mutins, arrivant dans un Lisbonne vide s'est arrêtée à un feu rouge afin de ne pas prendre le risque de causer un accident. Mais, soyons honnêtes, pareil scénario est des plus improbables tant l'espérance dans l'Etat et la démocratie sont aujourd'hui affaiblies.
- Ou bien nous espérons en une nouvelle révolution d'octobre qui aurait surtout pour mérite surtout de nous sortir de l'oppression néolibéraliste qui nous a conduits ou nous en somme aujourd'hui: dans un monde sans état, seuls les plus avides et les plus violents prospèrent.
Cette option commence par la nécessité de changer de regard, d'ôter de nos yeux ce qui nous empêche de considérer le réel pour ce qu'il est, une régression de la civilisation ou précisément la culture, le respect de l'autre n'ont plus leur place, parce que ce n'est pas assez rentable.
Nous n'aurons pas de futur si nous sacrifions nos enfants, et de fait, c'est précisément ce qui se passe.
Pour arrêter, le massacre de ces innocents Libre-Esprit soutient la nécessité d'une révolution des œillères qui nous permette d'agir différemment.
Les nouvelles rencontres que nous allons mettre en place seront là pour servir cet objectif.

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